Un grand week end à Berlin

Allemagne Blog City-trip
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17 août 2018

Depuis longtemps j’avais très envie de découvrir Berlin. Un grand week-end à Berlin s’imposait !
Une ville détruite à la fin de la seconde guerre mondiale, découpée en quatre secteurs internationaux après la guerre, puis en deux zones ouest et est séparées par un mur presque étanche de 44 km de long pendant 28 ans !
Ville réunifiée après la chute du bloc soviétique,  qui continue encore aujourd’hui sa reconstruction.

Voilà des faits qui ne pouvaient que me donner envie d’aller voir sur place pour m’imprégner de ces évènements brutaux de l’histoire récente de notre continent européen autrement qu’au travers de simples lectures ! Quoi de mieux en effet que de prendre le pouls d’une ville sur place en déambulant, en humant l’atmosphère, en observant les gens et en échangeant avec eux dès que c’est possible, en fréquentant cafés et restaurants.

C’est parti pour un week-end de trois jours à Berlin

Nous sommes deux à voyager et Mo n’avait jamais été attirée par l’Allemagne. Réfractaire à la langue allemande malgré des origines alsaciennes et ne goûtant guère la cuisine de ce pays, c’est peu dire qu’elle n’était pas enthousiaste lorsque, de temps à autre, je suggérais un week-end à Berlin.
Mais j’ai toujours eu en tête de visiter au moins une fois toutes les capitales européennes et je ne peux pas faire l’impasse sur Berlin, non ?
Cette fois-ci, elle s’est laissée convaincre et nous avons pu programmer un week-end de 3 jours à Berlin. C’était à la fin du mois de janvier. Nous avions souhaité pour notre séjour sur place un beau temps froid et ensoleillé ou mieux une ville enneigée : ce n’était pas déraisonnable à cette époque de l’année ! Hélas pour nos activités photographiques, nous avons dû nous contenter d’un temps plutôt gris, assez froid et même un peu pluvieux. Vous serez, j’en suis sûr, indulgents pour nos images qui sont du coup un peu « grisouilles ».

Malgré les appréhensions et les conditions météo, autant vous le dire tout de suite, nous avons beaucoup aimé cette ville (et quand je nous, c’est Mo et moi !) pour ce premier survol forcément un peu trop rapide. Il faudra que nous y retournions, il nous reste tant à voir de la ville et à ressentir de l’atmosphère berlinoise. Je vous parle néanmoins dans les lignes suivantes de ce que nous avons vu et apprécié en ayant la faiblesse de croire que cela vous intéressera si vous aussi vous avez envie de découvrir Berlin.

Pour avoir un peu parcouru les guides et surtout les blogs de mes amis de la toile, j’avais pris la précaution de faire deux réservations avant de partir : celle d’une visite du Reichstag (et de sa célèbre coupole) et celle d’un concert de musique classique dans le temple du Philharmonique de Berlin, parce que c’est une de nos passions. Je vous parle de ces deux expériences dans l’article. Si vous aussi vous aimez l’histoire et la musique je vous conseille vraiment d’en faire autant avant de vous rendre à Berlin : ce sont deux musts !

La Potsdamer Platz

 

Elégantes architectures des immeubles de la Potsdamer Platz

 

Arrivés en fin de journée nous avons eu le temps de découvrir de nuit la Potsdamer Platz, dont notre hôtel était peu éloigné. Une place très moderne, à l’emplacement de l’ancienne porte de Potsdam qui marquait une des entrées de la ville, avec des immeubles à l’architecture audacieuse. Il faut dire que du temps de la guerre froide la place, presque totalement détruite pendant la seconde guerre mondiale, est restée à l’état de « no man’s land » coupée en deux par le mur. On comprend facilement qu’elle ait été presque totalement reconstruite après la réunification de l’Allemagne en 1990 et par les plus grands architectes du monde : Renzo Piano et les allemands Hans Kollhoff et Helmut Jahn. Elle peut choquer par son organisation et son audace, mais elle finit par nous séduire par ses perspectives. La place est très fréquentée de jour comme de nuit, ce qui se comprend par sa position centrale dans la ville à un noeud de communication important pour les transports en commun (bus, U-bahn et S-bahn). Le Sony Center est assez étonnant et je vous conseille d’aller voir ça sur place au-delà des photos que je vous propose. C’est là que se trouve le Musée du cinéma et de la télévision, mais je ne vous en parlerai pas faute d’avoir eu le temps de le visiter. Une autre attraction de la place est le Panoramapunkt qui offre de jolies vues sur le quartier et sur la ville. Nous le visiterons le lendemain et je vous en parle plus loin.

 

 

Evacuation des eaux de chantier à Berlin

Au carrefour des rues Stresemann et Niederkircher, l’amusant réseau bleu d’évacuation des eaux pompées dans le sol marécageux des chantiers

 

Immeuble de la Potsdamer Platz

Audacieuse architecture de cet immeuble de bureau de la Potsdamer Platz

 

Potsdamer Platz

Potsdamer Platz depuis la Stresemann Strasse

Le choix d’un City Tour pour découvrir la ville

Après une nuit à l’hôtel Mövenpick, agréable 4 étoiles construit dans un ancien bâtiment industriel sur la Shöneberger strasse, nous décidons d’en bouder le restaurant et d’aller prendre notre « frühstück » dans une cafétéria à l’extérieur sur le chemin de la Potsdamer Platz. C’est le « Coffee and cookies »  sur la Stresemannstrasse qui nous permettra de prendre agréablement un copieux petit-déjeuner à l’allemande ce matin-là et chacun des deux suivants. Nous aimons souvent prendre ces premiers repas en dehors des hôtels : on y croise les gens de la ville plutôt que des touristes comme à l’hôtel et on y mange souvent bien mieux et moins cher. Surtout, on échappe aux inévitables « buffets internationaux » des hôtels qui n’offrent le plus souvent que peu d’originalité  et nous renseignent bien peu sur la façon de se nourrir des habitants locaux.

Nous optons ensuite pour la confortable solution du City Tour : vous savez, ces bus à deux étages qui suivent un ou plusieurs parcours touristiques avec audioguide à l’intérieur et qui vous permettent de faire des Hop on et Hop off pendant 24 ou 48h. Ben oui, Berlin est grand et nous pouvons avoir avec ce moyen de transport très (trop ?) touristique un premier aperçu rapide de quelques lieux dans lesquels nous aurons envie de nous attarder ou de revenir le lendemain ; très pratique donc !

 

sur la Grunerstrasse

Une grande artère, une circulation très fluide, une piste cyclable dans une ville grise et colorée à la fois

 

Altes Stadthaus

Altes Stadthaus

L’Alex

Nous décidons tout de suite d’aller jusqu’à la fameuse Alexander Platz avant de descendre du bus. Le parcours nous a fait découvrir en passant Checkpoint Charlie, le Gendarmenmarkt, le quartier central de Mitte et aussi la Spree, cette rivière qui traverse la ville. Arrivés sur la gigantesque et déroutante Alexander Platz, nous faisons notre première halte et notre première balade à pied. Plus qu’une place traditionnelle, l' »Alex » est une vaste esplanade qui héberge quelques bâtiments d’habitations et de bureaux et des grands magasins commerciaux. Elle est traversée par les transports en commun, trains, trams et bus. L’Alexander Platz doit beaucoup de son architecture fonctionnelle imprégnée de réalisme soviétique à la période de la RDA (ex Allemagne de l’Est). Autant dire que c’est une place très vivante que les gens traversent en tous sens, mais sans charme. Nous n’avons pas visité la très touristique Fernsehturm, tour de la Télévision construite  en 1969, haute de 368m, qui domine la ville. La vue depuis la plate-forme panoramique doit être splendide, mais pour nous le temps ne s’y prêtait vraiment pas. De toutes façons, il est conseillé de réserver à l’avance, ce que nous n’avions pas fait. Un magasin très animé (dont j’ai oublié le nom) sur la place nous a donné l’occasion de faire provision de bonnets et de gants en laine à des prix incroyablement bas. Des accessoires pas tout à fait inutiles en cette fin janvier un peu fraîche.

 

Sur l'Alexander Platz

Sur l’Alexander Platz

 

Transports en commun - Alexander Paltz

Le tram côtoie le métro (U-bahn) sur l’Alexandre Platz

 

Tour de la télévision

La Tour de la télévision construite par Berlin-Est (1969)

 

Sur l'Alexander Platz

Quartier de l’ex Berlin-Est bordant l’Alexander Platz

 

Nous avons décidé de poursuivre nos visites du jour à pied. L’Hôtel de Ville Rouge (Rotes Rathaus) et le quartier Saint Nicolas (Nicolaiviertel) avaient retenu notre attention en passant depuis le bus.

Le Rotes Rathaus

Ce vaste bâtiment tire son nom de sa construction en briques rouge et non pas de la couleur politique des membres du conseil municipal ni de la période soviétique. Il a été construit au XIXème siècle dans un style néogothique ; c’est un vaste quadrilatère dominé par un beffroi haut de 74m qui peine à concurrencer la Fernsehturm mais qui ne manque pas d’allure. Il fait vraiment penser à ces bâtiments en brique du nord de la France et de l’Europe.

 

Rotes Rathaus

L’imposant Hôtel de Ville rouge

Le Nicolaiviertel

Il suffit de traverser la Spandauerstrasse depuis le Rotes Rathaus pour se retrouver dans ce quartier Saint Nicolas qui surprend et détonne par son architecture. C’est, en effet, le quartier du vieux Berlin qui a été partiellement reconstruit par le régime est-allemand dans les années 1980. Avec ses ruelles, ses boutiques et ses restaurants, le quartier est très accueillant. On peut y admirer l’église Saint Nicolas qui date du XIIème siècle et la statue monumentale de Saint-Georges terrassant le dragon au bout de la Propststrasse à proximité de la rive droite de la Spree. Nous faisons la halte déjeuner dans le quartier avec un pantagruélique et roboratif jambonneau braisé accompagné de choucroute, de purée de pois cassés et d’une bonne bière : de quoi reprendre des forces, non ?

 

Hauts de la Fernsehturm et du Rathaus

La Fernsehturm et le Rotes Rathaus depuis le quartier Saint-Nicolas

 

Quartier Saint-Nicolas

Quartier Saint-Nicolas avec la statue de Saint-Georges terrassant le dragon

 

Square devant Saint-Nicolas

Petit square devant l’église Saint-Nicolas

 

 

Le Pergamon Museum

Nous avions inscrit sur notre programme de visites celle du Pergamon Muséum. Celui-ci est situé dans l’île des musées. On aborde l’île par le jardin Lustgarten devant la Cathédrale de Berlin (Berliner Dom). Nous n’avons pas eu le temps de visiter cet imposant et élégant bâtiment dont la gigantesque coupole centrale haute de 114m, n’est pas sans rappeler celle de Saint Pierre de Rome (trois jours, c’est décidément trop court pour visiter une capitale comme Berlin !). Il s’agit de la plus grande église luthérienne de la ville dont on doit la reconstruction, achevée en 1905, à l’empereur Guillaume II. En partie détruite pas la seconde guerre mondiale, la cathédrale est restée fermée jusqu’en 1993 après sa restauration suite à la chute du Mur de Berlin. Elle referme une crypte dédiée à la fameuse famille des Hohenzollern.

 

Dom Berlin

le Dom de Berlin

 

 

Dom Berlin vu de loin

Le Dom de Berlin

 

Parmi les musées de l’île, nous avons délaissé le Altes et le Neues Museum, la Alte National Galerie et le Bode-Museum pour réserver notre plaisir à la visite du célèbre Pergamon Museum. Nous avons bien sûr été frustrés de ne pas voir l’autel de Pergame du IIe siècle av. JC avec sa fresque hellénistique longue de 120m, la pièce maîtresse du musée. Cette partie est déplacée et en cours de ré-aménagement ; elle ne sera à nouveau accessible au public qu’en 2019. Pour autant, les autres trésors du musée sont de toute beauté et justifient amplement d’y consacrer un peu de votre temps : je vous invite, si vous allez à Berlin, à ne pas manquer le Porte romaine du marché de Milet (120 ap JC), la fabuleuse reconstitution de la porte d’Ishtar qui nous plonge dans la Babylone de Nabuchodonosor du VIe siècle av. JC, ni la salle d’Alep dans le département des arts islamiques qui présente des oeuvres magnifiques d’Iran, d’Asie mineure d’Egypte et du Caucase.

 

Altes Museum Berlin

L’Altes Museum

 

Pergamon Museum

Musée de Pergame

 

 

Porte marché Milet

Partie de la porte du Marché de Milet

 

marché de Milet

Porte du Marché de Milet

 

 

Carte du Moyen-Orient à l'époque de Babylone

Samarra, Ninive, Babylone … quelques noms antiques qui me font rêver !

 

porte Ishtar détail

Détail de la Porte d’Ishtar

 

porte Ishtar

La fameuse Porte d’Ishtar

 

 

 

Chambre d'Alep

Art islamique : reconstitution de la chambre d’Alep

 

En quittant l’île aux musées, nous empruntons brièvement la célèbre avenue Unter den Linden (sous les tilleuls) qui mène à la Porte de Brandenburg. Le campus situé dans Mitte de l’Université de Humboldt, une des grandes universités d’Allemagne, s’offre tout de suite à nos regards : de magnifiques bâtiments classiques qui hébergent le siège de l’Université et accueillent une partie des étudiants. Voir l’élégante Bebelplatz où, de triste mémoire, les nazis pratiquèrent un gigantesque autodafé en y brûlant les livres jugés par eux subversifs en 1933.

 

Université Humboldt

L’université de Humboldt

Nous rentrons vers l’hôtel en traversant les quartiers animés et commerçants de Mitte via le Gendarmenmarkt et Checkpoint Charlie.

 

Checkpoint Charlie

Le fameux Checkpoint Charlie reconstitué

 

En soirée, nous décidons de ressortir pour faire quelques photos de nuit autour de la Potsdamer Platz. Les éclairages des immeubles de bureau et du Sony Center valent en effet le coup d’oeil : le forum central animé de cafés et de restaurants est surmonté d’une énorme coupole en forme de fleur aux couleurs changeantes. Qu’en dites-vous ?

 

Potsdamer platz de nuit

Potsdamer Platz depuis Leipziger Strasse

 

Potsdamer Platz

Potsdamer Platz

 

 

Sony Center

Sony Center

 

Coupole Sony Center

La coupole éclairée aux couleurs changeantes du Sony Center

 

L’East Side Gallery

Au second jour, nous avons donc préféré reprendre le bus City Tour pour nous rendre à l’East Side Gallery, avec un changement de bus au niveau de l’Alexander Platz. Le bus traverse alors une zone d’immeubles d’habitation, typiques de l’ancien Berlin Est, construits au cours des quarante et quelques années de régime socialiste.  L’architecture en est simple et répétitive sans donner toutefois un aspect trop austère au quartier le long de la Karl Marx Allee.

L’East Side Gallery est le fruit de la chute du mur de Berlin,  le mur de la honte ainsi qu’il a été baptisé, le 9 novembre 1989. Il a été construit alors que j’avais 12 ans et je me souviens très bien du jour où les radios du monde entier ont annoncé son érection dans la nuit du 12 au 13 août 1961 (avec mes parents nous étions en vacances en Espagne, ce qui parait dérisoire comme souvenir face à un tel évènement !). Quand au jour où il est tombé, c’était le lendemain de l’anniversaire de mes 41 ans. Ça  n’a pas d’importance pour vous surtout si vous êtes jeune ; pour moi, par contre, ces deux évènements sont des marqueurs importants de ma vie tout simplement. Viscéralement pro-européen, j’abhorre tout ce qui est conflit et division entre les peuples : la paix entre les pays et le développement des échanges sur tous les plans, humains, commerciaux, culturels ou spirituels devraient être, me semble-t-il, des aspirations essentielles et partagées par tous pour une monde meilleur. Je crains en écrivant cela d’apparaître comme un doux rêveur, tant pis !

L’East Side Gallery est en fait un morceau du mur, de 1300 m de long sur la rive droite de la Spree, qui a été conservé et dont la face côté est a été « offerte » aux artistes de street art. Il a été recouvert de fresques réalisées par 118 artistes juste après la chute du mur. C’est une visite incontournable de Berlin. Elle est d’ailleurs très fréquentée, beaucoup par des jeunes ce qui est vraiment encourageant. C’est un lieu à la fois émouvant et original. On imagine la frénésie des artistes au moment de la chute pour s’approprier ce bout de mur avec leur langage fait d’images fortes et aussi de textes. Inutile de vous dire que nous ne sommes pas restés indifférents lors de cette visite.

 

 

 

 

 

 

De retour dans Mitte, nous avons laissé derrière nous l’Alexander Platz, déambulé autour de l’église Sainte-Marie (Marienkirche) et dans le forum Marx-Engels puis orienté nos pas vers la rue commerçante et animée d’Oranienburg (Oranienburg Strasse) pour y faire un peu de shopping, avant de rejoindre Unter den Linden en passant devant l’entrée du Bode Museum à la pointe de l’Île aux musées.

 

statue Marx Engels

Statue de Marx et d’Engels sur le Forum qui leur est consacré

 

La Porte de Brandebourg (Brandenburg Tor)

Arrivés sur la Pariser Platz devant la célébrissime (à force d’étudier l’italien, les superlatifs me gagnent !) Porte de Brandebourg, nous sommes tombés sur un groupe de vegans qui manifestaient au pied de la Porte. Cachés derrière un masque blanc et portant un ordinateur portable sur lequel ils faisaient défiler des vidéos de maltraitance des animaux, ils militaient pour le veganisme et même l’antispécisme. Un jeune homme n’a pas tardé à nous aborder pour nous expliquer  à quel point nous étions des barbares de consommer des produits d’origine animale ou même résultant seulement de l’exploitation d’animaux. Parlant couramment notre langue, il s’est révélé être un jeune français faisant ses études d’ingénieur chimiste à Berlin. Nous avons eu bien du mal à nous en débarrasser tant il s’est montré insistant et presque agressif après que nous lui ayons clairement affirmé que nous aimions la viande, le poisson, les oeufs, le beurre et le fromage et que nous n’avions nullement l’intention de remettre en cause notre consommation de ces produits et de bien d’autres également d’origine animale. J’ai du mal à supporter le prosélytisme, quel qu’il soit, et je peux me montrer cassant envers ceux qui tentent de m’influencer malgré mon clair refus de les écouter. L’actualité en France montre aujourd’hui une réelle montée de la violence des vegans à l’encontre des boucheries ou des charcuteries. Cette évolution de notre monde prend une pente inquiétante : beaucoup y perdent le respect de l’autre, quelles que soient ses différences, du moment qu’il ne pense pas ou ne vit pas comme eux. Décidément, ceux-là devraient voyager plus et s’ouvrir un peu aux autres cultures.

Du coup, nous n’avons consacré que peu de temps à cette porte qui marquait à l’origine une entrée de la ville. Pendant la période du Mur de Berlin, elle se trouvait dans le no man’s land entre la zone est et la zone ouest cessant ainsi d’être une voie de passage pour devenir un symbole de la division de Berlin. Le quadrige qui orne la toit de la porte a connu une histoire mouvementée. L’oeuvre de Johann Gottfried Schadow qui représente la Victoire sur un char tiré par quatre chevaux a été installée en 1793. Après la bataille d’Iéna en 1806, Napoléon Bonaparte s’en empare, comme d’un butin, pour la faire emporter à Paris. La statue ne reviendra à Berlin qu’après la chute du premier empire. Pendant la seconde guerre mondiale, lors de la bataille de la conquête de Berlin, des soldats allemands embusqués derrière la statue tiraient sur les troupes russes tentant de conquérir la ville. Les tirs de riposte l’ont gravement endommagée cette fois-ci. Elle a aujourd’hui retrouvé son aspect initial. La Porte de Brandebourg, ré ouverte le 22 décembre 1989, est de nos jours le symbole de la réunification de l’Allemagne.

Porte Brandebourg

Porte de Brandebourg

 

Pariser Platz

Pariser Platz devant la Porte de Brandebourg

 

Le Mémorial de l’Holocauste

Sur le chemin du retour vers la Potsdamer Platz, nous passons le long du Denkmal für die ermordeten Juden Europas (Mémorial aux juifs d’Europe assassinés). Vaste esplanade transformée en un champ de stèles de béton gris de mêmes dimensions de base mais de différentes hauteurs (2711 stèles). Insensiblement on est attiré vers les passages entre les stèles tantôt plus hautes que nous, tantôt non. On y voit d’autres visiteurs, mais le site reste de façon étrange propice à la solitude et au recueillement, les gens évitant d’avoir à se croiser, probablement dans le respect les uns des autres. On ne peut que se remémorer douloureusement  les récits et les images tragiques de l’Holocauste des juifs d’Europe perpétré par les nazis.

 

Berlin, hivers gris

Mémoire des disparus et

à nouveau la vie …

Le  Panoramapunkt

L’après-midi touchait à sa fin : les journées sont courtes à Berlin fin janvier ! Vite se dépêcher pour monter jusqu’au Panoramapunkt. Il se situe au 24ème étage de l’immeuble Daimler Chrysler. Il faut s’acquitter d’un droit d’entrée mais la dépense est justifiée par la somptueuse vue sur le quartier de la Potsdamer Platz et ses étonnantes architectures. Du point de vue on découvre également le Forum de la Culture avec des musées et les salles de la Philharmonie de Berlin et de Musique de Chambre, dont la réalisation audacieuse est due à l’architecte Hans Scharoun. Je vous recommande de faire une halte à l’accueillant café du 24ème étage, le temps de se reposer un peu des fatigues de la journée.

 

Depuis le Panoramapunkt, vue sur le forum de la culture en prolongement du Sony Center avec la Kammermusiksaal éclairée

 

Concert à la Kammermusiksaal

Nous avions réservé des places pour un concert de musique classique le soir même. Malheureusement pas à la Philharmonie de Berlin (pas de concert ce soir-là) mais à la Kammermusiksaal pour un concert d’instruments à vent interprété par les musiciens de la Philharmonie. Kammermusiksaal, pour ceux ne lisent pas du tout l’allemand, ça veut dire salle de musique de chambre. C’est toujours surprenant de découvrir ces mots à rallonge en allemand qui ne sont en fait que l’assemblage de plusieurs mots simples : efficace et sans surprise ! Mais si  vous ne connaissez pas les mots de base, ça devient vite rébarbatif : il suffit de se rappeler certains menus en allemand pour comprendre ce que je veux dire !
Je m’égare, je voulais vous parler du concert : une salle magnifique, des artistes de grande qualité et une programmation  intéressante. Nous avons passé un excellent moment. Deux hautbois, deux clarinettes, deux flûtes, deux cors et une contrebasse composaient l’ensemble de musique de chambre pour nous interpréter des pièces de Mozart, de Beethoven et de Franz Krommer. La salle est impressionnante. Elle est l’oeuvre de l’architecte Edgar Wiesniewski d’après un projet de Hans Scharoun, l’architecte de la salle de concert symphonique. De conception analogue, la Kammermusiksaal est de forme hexagonale et contient près de 1200 places, ce qui est beaucoup pour de la musique de chambre. Mais la Philharmonie de Berlin n’est-elle pas une institution mythique, longtemps dirigée par Herbert von Karajan, puis par Claudio Abbado et aujourd’hui par Sir Simon Rattle, tous les trois parmi les plus grands chefs d’orchestre au monde.

 

Le mémorial du Mur de Berlin

Nous avions choisi de consacrer notre troisième journée à des éléments historiques de Berlin : le Mémorial du Mur le matin et le Reichstag l’après-midi.

Le mémorial se situe sur la Bernauer Strasse. Nous avons décidé d’y aller en métro ; c’était très pratique depuis notre hôtel.
Le mémorial offre un parcours pédestre sur plus d’un kilomètre jalonné d’éléments de sculpture évoquant le mur, de panneaux d’explications, de fresques murales, et même d’une partie du mur conservée en l’état qui permet de bien appréhender ce que représentait la séparation en deux de la ville et du pays. De nombreux faits dramatiques, qui se sont déroulés le long de la Bernauer Strasse,  y sont évoqués et nous saisissent encore d’effroi. Surtout quand on pense que le monde d’aujourd’hui continue à entretenir et même à construire de tels murs !
Je vous laisse ressentir au travers de quelques photos  l’atmosphère qui règne à cet endroit du souvenir.

 

site mémorial

Le site du Mémorial du mur

 

mémorial mur 2

 

des allemands fuient à l’ouest

 

 

mémorial mur 5

Mo franchit symboliquement le mur !

 

Mémorial mur 6

Chapelle de la réconciliation construite récemment sur le site du Temple de la Réconciliation dynamité en 1985

 

 

Mémorial mur 8

Mirador

 

 

mémorial mur 10

 

 

 

Mémorial mur 12

Maquette du mur pour l’emplacement du Mémorial

 

Le Reichstag

Nous avions réservé une visite guidée du Reichstag quelques jours à l’avance, en croisant les doigts pour qu’il n’y ait pas de session du parlement ce jour-là qui nous aurait interdit l’accès à la salle plénière et à la coupole ; ce ne fut pas le cas heureusement !
Si vous voulez découvrir de près ce haut lieu de la démocratie allemande, des évènements historiques qui s’y sont déroulés et des magnifiques réalisations architecturales dues à la restauration du Reichstag, je vous conseille vraiment d’en faire de même et de réserver plusieurs semaines à l’avance si vous visitez en période touristique. Vous pouvez le faire en cliquant sur ce lien visite du Reichstag.

 

Reichstag

Le Reichstag

 

Construit à la fin du XIXème siècle (entre 1884 et 1894) et financé par les indemnités de guerre versées par la France, le bâtiment néoclassique d’origine abritait l’Assemblée du Reich (Reichstag) avant que l’Allemagne ne devienne une république en 1918 après la chute des Hohenzollern. Incendié dans la nuit du 27 au 28 février 1933, le Reichstag a joué un rôle dans la montée en puissance d’Hitler et des nazis au pouvoir. En effet, à la suite de l’incendie dont les historiens doutent du coupable, les pleins pouvoir ont été confiés à Hitler qui a pu ensuite gouverner l’Allemagne sans en référer au Reichstag ni au Président. L’incendie a aussi été le prétexte pour éliminer les opposants, surtout les communistes et les intellectuels de gauche.
Après la conquête de Berlin par les troupes soviétiques, après d’innombrables bombardements par les forces alliées, le Reichstag est en ruine lors de la prise de la ville le 30 avril 1945. Un drapeau rouge est hissé au sommet du bâtiment. Les soldats soviétiques laissent sur les murs, avec du charbon de bois en guise de craie, les traces de leur passage dans ce lieu symbolique ; elles seront conservées lors de la restauration du monument. Restauration en deux temps, d’abord entre 1961 et 1973 sans la coupole d’origine endommagée pendant la seconde guerre mondiale et qui sera détruite, puis à partir de 1991 et jusqu’en 1999 après que le gouvernement allemand ait décidé d’y  établir le siège du nouveau Parlement de l’Allemagne réunifiée le 3 octobre 1990. Cette dernière restauration est due au célèbre architecte Norman Foster qui a conçu une nouvelle coupole spectaculaire. Les images, je l’espère, parlent d’elles-mêmes. Le cône central en verre est conçu pour apporter la lumière extérieure jusque dans la salle des séances plénières du Parlement. Il fournit de l’énergie et de la lumière naturelle grâce à son système de miroirs qui oriente la lumière vers la salle des séances durant la journée.

La coupole se visite bien sûr, mais aussi deux autres bâtiments ultra-modernes et fonctionnels au nord du Reichstag historique, construits de part et d’autre de la Spree et auxquels on accède par un beau couloir souterrain.

 

 

Reichstag 3

Inscriptions conservées des soldats soviétiques lors de la conquête de Berlin

 

Reichstag 4

Salle plénière du parlement allemand

 

Reichstag 5

La coupole vue depuis la salle du parlement qu’elle éclaire en lumière naturelle grâce à un jeu de miroirs

 

Reichstag 6

Les locaux du parlement sont répartis de part et d’autre de la Spree

 

Reichstag 7

Les salles de réunion et des députés

 

Reichstag 8

La coupole vue de l’extérieur (sur le toit du Reichstag)

 

 

Reichstag 9

Impressionnante visite de la coupole

 

 

 

 

 

Après trois jours passés à Berlin, nous n’avons encore découvert que peu de quartiers de cette belle ville. Elle nous invite à y revenir et à découvrir vraiment l’ambiance moderne et festive de cette cité …  peut-être aux beaux jours.

En tout cas nous avons apprécié le calme et la propreté des rues. La voiture y est moins omniprésente que dans d’autres capitales alors que le vélo est très utilisé, avec beaucoup de pistes cyclables sécurisées. Il est vraiment agréable de s’y promener à pied également et les transports en commun y sont nombreux et pratiques. Ce n’est pas une ville stressante, bien au contraire, tout en étant très animée. A votre tour, pourquoi ne pas vous laisser tenter si vous ne connaissez pas encore ?

N’hésitez pas à laisser un commentaire pour témoigner de votre visite sur le blog. Je les lis tous avec plaisir et j’y réponds bien sûr.

 

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6 Comments
  1. Répondre

    Evelyne Guyader-Debrabant

    1 septembre 2018

    Quel magnifique article superbement illustré ! Tu en as de la patience !

    • Répondre

      Alaindici

      1 septembre 2018

      Merci Evelyne pour ton passage sur cet article et pour ton appréciation. Berlin, en effet, mérite qu’on lui consacre du temps !

  2. Répondre

    Sophie Cordonnier

    2 septembre 2018

    Magnifique et quel travail!!!!
    Bravo!
    Pas besoin de guide touristique pour une visite à Berlin, tout est là, voire plus!

    • Répondre

      Alaindici

      3 septembre 2018

      Merci Sophie. Je te rassure, il y a beaucoup beaucoup d’autres choses à voir et à vivre pour continuer à découvrir Berlin ! Bise

  3. Répondre

    annima.fr

    17 octobre 2018

    J’y suis allée il y a 20 ans je serais curieuse d’aller y sentir l’ambiance aujourd’hui!

    • Répondre

      Alaindici

      22 octobre 2018

      Je suis curieux de savoir quelle a été l’évolution en 20 ans. Je vais donc devoir patienter jusqu’à ton prochaine voyage à Berlin …

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